Généalogie Algérie Maroc Tunisie - Septembre 2007 - N° 99

Après l'attentat d'Orsini
Par Madiana Delaye-Lastrajoli


Après l'attentat d'Orsini

Tout individu qui a été condamné, interné, expulsé ou transporté ...

... par mesure de sûreté générale à l'occasion des évènements de mai et juin 1848, juin 1849, ou décembre 851 (...) peut être interné dans un des départements de l'Empire ou en Algérie ...

En ce début de l'année 1858, le calme semblait revenu en France. Oubliés « les transportés » de 1848, les révoltés de 1851...
D'ailleurs, le nouvel empereur n'avait-il pas gracié 5 000 de ces trublions à l'occasion de son mariage avec la belle Eugénie de Montijo ?
Ceux-ci furent autorisés à rentrer dans leurs foyers mais un grand nombre étaient morts depuis plusieurs mois... Qu'importe, un horizon serein paraissait s'ouvrir enfin aux Français qui connaissaient à nouveau les fastes impériaux.
Aussi, dans cette quiétude (toute relative cependant car certains groupuscules « républicains » continuaient à conspirer dans l'ombre), l'attentat du 14 janvier 1858 a-t-il retenti comme un coup de tonnerre dans le pays ! On avait osé attenter à la vie de leurs Majestés qui se rendaient à l'Opéra Comique !

Les suspects en 1858

Ce complot échoua et on en retrouva bien vite les instigateurs anarchistes d'origine italienne ayant à leur tête le fameux Orsini... mais les vieux démons réapparurent, et Napoléon III s'inspirant de son oncle Premier Consul, édicta aussitôt le 21 février 1858 une loi de « sûreté générale » qui stipulait (article 7) que « tout individu qui a été condamné, interné, expulsé ou transporté par mesure de sûreté générale à l'occasion des événements de mai et juin 1848, juin 1849, ou décembre 1851, et que des faits graves signalent de nouveau comme dangereux pour la sûreté publique, peut être interné dans un des départements de l'Empire ou en Algérie, ou expulsé du territoire français. »
Et la chasse aux sorcières recommença : on parcourut la campagne pour arrêter sur le champ n'importe quel citoyen, du magistrat à l'ouvrier, sur de simples soupçons.
Traités comme de vulgaires criminels, emmenés pour certains « la chaîne au cou » comme des forçats, ils furent détenus en France dans des cachots infâmes avant d'être transportés en Algérie. Ceux qui survécurent furent amnistiés en 1859. Quelques-uns restèrent en Algérie où ils s'installèrent.
Sur 2000 personnes interpellées, on estime à 430 le nombre effectivement transporté. Dans l'étude historique faite par Eugène Tenot et Antonin Dubost, éditée en 1869, les auteurs citent quelques cas qu'il nous a paru intéressant de vous rapporter. Peut-être y retrouverez-vous trace d'un aïeul ?
Voici donc, pages suivantes, cette liste - non exhaustive bien sûr - de citoyens qui pour la plupart « rangés » de la politique, ou même carrément innocents, furent à nouveau arrêtés en 1858 en vertu de la loi de « Sûreté générale ».
Presque tous les départements français furent touchés.

Pour obtenir cette liste de personnes déplacées, consulter les revues n° 99 et 100. Les internautes non-adhérents peuvent acheter cette revue en adressant un courrier au secrétariat de G.A.M.T..