Généalogie Algérie Maroc Tunisie - Mars 2009 - N° 105

Semaine du dattier, Biskra, 5-12 novembre 1931

Par Dr Buchère, délégué régional de la L.M.C. à Tolga (extrait de l'opuscule « Mer et colonies », organe de la Ligue maritime et coloniale)

Une plante merveilleusement adaptée à un climat exceptionnel.

S'il est une partie de notre domaine colonial qui semblait devoir être particulièrement difficile à mettre en valeur, c'est bien le Sahara algérien et, il y a quelques années, les plaisanteries ne manquaient pas sur les sables sahariens que le coq gaulois pourrait gratter à son aise, mais sans profit.

Les résultats les plus tangibles

Toutes les difficultés semblaient conjuguées pour empêcher la colonisation française de s'y développer ; éloignement de la mer et par suite cherté des transports, climat extrêmement rude avec des étés torrides, pluies très rares et tout à fait irrégulières, sol sablonneux ou pierreux.
Et cependant c'est une des contrées de l'Afrique du Nord où l'effort français a donné les résultats les plus tangibles et où nos nationaux ont prouvé le mieux par leur initiative, leur intelligence et leur opiniâtreté, que le Français a toutes les qualités du colonisateur.
Il faut reconnaître qu'ils ont trouvé et su multiplier une plante merveilleusement adaptée à ce climat exceptionnel et que, d'autre part, ils ont su faire jaillir du sol, au moyen de sondages, de nombreux puits artésiens dont l'eau bienfaisante a permis le développement des oasis.

Sept millions de dattiers

Alors qu'au moment de la conquête du pays par la France, il y a une soixantaine d'années, il ne se trouvait que quelques dizaines de milliers de dattiers, il y en a, actuellement, sept millions dont cinq millions sont en plein rapport.
La production moyenne des dattes est de 1 400 000 quintaux environ chaque année, représentant une valeur de deux cent millions de francs et procurant à l'Algérie, en outre d'une alimentation abondante pour sa population, une exportation en Europe et en Amérique d'environ soixante-dix millions de francs. C'est donc à juste raison que les Chemins de fer algériens de l'Etat, continuant leur œuvre de vulgarisation et de propagande agricoles poursuivie depuis dix-huit mois par les semaines du figuier, à Bougie, puis de l'arbre fruitier à Alger, avaient organis une semaine du dattier à Biskra du 5 au 12 novembre 1931.

Démonstrations

M. le gouverneur général Carde, qui s'intéresse tout spécialement à toutes les branches de prospérité de la belle province nord-africaine qu'il administre, s'est trouvé empêché, au dernier moment, de présider cette importante manifestation et s'est fait représenter par M. Sarrien, Conseiller de Gouvernement. De nombreuses notabilités du Commerce et de l'Agriculture algériens avaient tenu à se rendre à Biskra à cette occasion et notamment les présidents des Chambres de Commerce d'Alger et de Constantine, le président de la Confédération générale des Syndicats agricoles d'Algérie, le président du Syndicat général des fruits et primeurs d'Alger, le Directeur des Territoires du Sud de l'Algérie, le Directeur des chemins de fer algériens de l'Etat, le préfet d'Alger, le directeur de l'Institut agricole d'Algérie, le chef du service agricole et les conseillers techniques des Territoires du Sud, des professeurs de la Faculté des Sciences d'Alger, les directeurs et administrateurs de la Caisse foncière d'Algérie, du Crédit central agricole d'Alger, de la Mutualité agricole et des Assurances mutuelles agricoles, des délégués financiers et conseillers généraux des trois départements algériens, des agriculteurs, des commerçants et des représentants de la Presse.

(Suite à lire dans notre revue)