Généalogie Algérie Maroc Tunisie – Mars
2007 – N° 97
Maroc : état civil et organisation administrative
sous le protectorat (1912-1956)
par
Anne-Marie Dureuil (Adhérente n° 1581)
Le dahir du 4 septembre 1915 réglemente l'état civil dans la
zone française de l'empire chérifien pour s'adapter à la législation française.
Selon l'art. 40 de ce même dahir un livret de famille est délivré aux époux au
moment du mariage.
L'ÉTAT civil ne s'impose pas immédiatement partout et à tous. Les sujets
marocains ont simplement « la latitude de recourir à l'état civil institué
pour la déclaration des naissances et des décès. »
Les fonctions d'officier de l'état civil sont
remplies par les chefs des services municipaux ou leurs adjoints et, là où il
n'existe pas de municipalité constituée, par l'autorité locale de contrôle
civil ou militaire.
Les municipalités
Le
protectorat s'est efforcé de créer une organisation assez souple pour donner
satisfaction à la fois aux besoins des Européens et aux intérêts traditionnels
des indigènes.
Des bureaux
d'état civil sont installés progressivement dans un certain nombre de villes :
Rabat, Kenitra, Dar Bel Hamri, Mechtra bel Ksiri, Petitjean, Oujda (arrêté du
grand vizir[1] du 22
septembre 1915), Safi (23 octobre 1915), Casablanca, Mazagan, Mogador, Marrakech,
Ber Rechid et Settat (4 décembre 1915). Par un dahir du 8 avril 1917 les
nouvelles règles de l'organisation municipale sont codifiées. Un arrêté
viziriel du 28 avril 1917 désigne les localités qui seront érigées en municipalités
et jouiront comme telles de la personnalité civile.
Elles sont au
nombre de 15 : Casablanca, Rabat, Salé, Kenitra, Mazagan, Safi, Mogador,
Meknès, Marrakech, Fez, Azemmour, Sefrou, Settat, Taza et Ber Rechid. Trois organes
assurent le fonctionnement de ces municipalités : un pacha, un chef des
services municipaux, une commission municipale.
Le pacha est nommé par dahir. Il administre la
municipalité. Il est le chef de la police municipale et le représentant de l'autorité
centrale de la ville. Le chef des services municipaux est nommé par arrêté du
résident général. C'est un fonctionnaire (ou un officier) français chargé d'assister
et de contrôler le pacha. Il est officier de police judiciaire et officier
d’état civil. La commission municipale a pour président le pacha et pour
vice-président le chef des services municipaux.
Les
contrôleurs civils
L'organisation
territoriale est au départ purement militaire. La base en est la région divisée
en territoires, cercles et annexes, auxquels sont rattachés des bureaux de renseignements.
Au fur et à mesure de la pacification, l'administration militaire est remplacée
dans différentes régions par l'administration civile représentée par des
contrôleurs civils.
Un corps des
contrôleurs civils analogue à celui qui existe en Tunisie est institué au Maroc
par décret du 31 juillet 1913.
Ces
fonctionnaires sont essentiellement des agents de l'Etat protecteur et des officiers
d'état civil. Ils contrôlent l'administration indigène.
Contrôles civils en 1920 : Rabat banlieue, Salé,
Kenitra, Chaouïa Nord (Casablanca), Chaouïa centre (Ber Rechid), Chaouïa Sud
(Settat), Doukkala (Mazagan), Oujda ville, Beni-Snassen (Berkane), El-Aïoun,
Berguent.
Guirault
A., Colonisation et
législation coloniale, Imp. Contant-Laguerre. Bar-le-Duc. 1922.
[1] Grand
Vizir : ministre de l'Intérieur duquel dépendent les caïds des tribus et les
pachas des villes. C'est en même temps le premier ministre et le chef du
gouvernement.
